Un camping sans emplacements nus est-il encore un camping ? C’est la question qui fait souvent débat dans les médias professionnels, ou sur les réseaux sociaux. Ou sur des plateformes comme Maître Bloggueur.
Un camping sans emplacements nus est-il encore un camping ?
Suite aux problèmes que nous avions en tant que campeurs-caravaniers à trouver des emplacements réservés à des tentes, caravanes et camping-cars. Sans être noyé dans un village de mobil-homes. J’ai créé ce site avec des cartes par régions.
- Le camping, selon les dictionnaires, est une « activité touristique en tente, caravane ou camping-car ». Une campeuse ou un campeur est une « personne qui pratique le camping ».
- Un emplacement dit « nu » est précisément destiné à accueillir des campeurs.
- Un emplacement dit « équipé » ou « locatif » est destiné à accueillir des vacanciers en mobil-home ou tout autre hébergement locatif.
Pourquoi un tel débat autour du vrai camping ?

Depuis les années 2010, la disparition d’emplacements nus s’accentue. En 2011, les emplacements nus représentaient 75% des emplacements dans les campings en France. Aujourd’hui ils représentent entre 50 et 60 %. La baisse est régulière, elle est d’environ 3 % par an au profit des emplacements locatifs équipés.
Le camping en France fait partie de la culture française, c’est la première offre d’hébergement touristique en France. Si vous regardez mes cartes des campings, nous sommes le pays où il y a le plus de campings. Mais c’est vrai aussi dans le monde, la France est derrière les États-Unis. En mettant les cartes à jour, je constate l’évolution de la baisse des places dans les campings.
Il est vrai qu’un camping c’est une entreprise, et qu’il y a donc un problème de rentabilité. Mais aujourd’hui des gérants de campings donnent trop facilement la priorité aux locations de mobil-homes, de chalets. Ces hébergements sont beaucoup plus rentables qu’un emplacement nu. Un mobil-home peut rapporter 8000€ par mois alors qu’un emplacement nu 1200 €. Et au bord de la mer beaucoup plus, donc supprimer des emplacements est une solution simple pour rentabiliser un camping.
Aujourd’hui les campings sont devenus des parcs aquatiques, des hôtels de loisirs avec discothèques, des centres de sport. On est loin de la définition du vrai camping. Il n’est pas question de lutter contre les emplacements locatifs ni les mobil-homes en tant que tels. Il faut que les campeurs puissent camper dans tous les campings.
Que faire face à ce phénomène ?
Aujourd’hui le problème ne concerne pas que les campeurs en caravane, camping-car, van ou voiture plus tente. Mais il concerne aussi les cyclotouristes avec le développement des voies vertes en France, les randonneurs sur les grands chemins de randonnées.
Suivant la fédération française de cyclotourisme, les cyclotouristes rencontrent le même problème, en se voyant refuser l’accès dans un camping pour une nuit avec sa petite tente. La Fédération française de cyclotourisme et celle de Randonnée pédestre se sont alliées pour soutenir la démarche du collectif » sauvons le vrai camping » . En interpellant les gérants de camping :
« Les voyageurs à vélo ou pédestres aiment le camping, préserver un accueil sur des emplacements herbeux est une nécessité ! »
Le marché de l’occasion de la caravane domine largement, avec plus de 44 000 transactions enregistrées annuellement. La vente est de 7 100 caravanes neuves par an en France (chiffres UNI VDL), un volume stable malgré un contexte inflationniste.
Donc continuer de supprimer des emplacements nus, est-ce que c’est bon pour le tourisme français ?
Il est donc important que les campings existants conservent des emplacements nus, en leur proposant des solutions. Et qu’un camping qui accueille plus de campeurs ne puisse plus utiliser le mot camping sur son site internet, ou sur tous supports de communication. Y compris à l’entrée du camping. Dans les pays voisins, les campings qui proposent 100% de mobil-homes sont des « hôtelleries de plein-air » ou des « villages de vacances ou mobil-homes ».
En résumé, un camping sans emplacements nus est-il encore un camping ?

Il est important que nous partagions les campings. Il faut trouver un équilibre entre les emplacements nus et les locations de chalets. Bien sûr, les gérants de campings pourraient réserver un pourcentage de leur espace pour les voyageurs, tout en continuant à offrir des locations pour ceux qui préfèrent un confort et une animation.
Les campings doivent réserver une part « raisonnable » de leurs emplacements aux campeurs. Pour moi c’est 50% d’emplacements nus comme le camping proche de chez nous. Les portes de la Baie de Somme à Mareuil-Caubert, près d’Abbeville, qui propose : 72 emplacements spacieux pour tentes, caravanes et camping-cars, ainsi que 7 hébergements tout confort comme mobil-homes et tentes lodges.
Suivant Olivier, membre fondateur du collectif,
Nous ne représentons pas le combat des grands contre les petits campings ni le combat entre les groupes, les chaînes ou les indépendants. Nous ne stigmatisons personne en particulier. Nous voulons lutter contre tous les établissements qui se disent campings alors qu’ils ne sont plus en mesure d’accueillir des campeurs. A aucun moment nous ne luttons contre les locatifs, ils représentent l’essentiel de la rentabilité de nos établissements. Nous considérons la montée en gamme comme une excellente chose. Mais un établissement au sein duquel on ne peut plus camper doit assumer de ne plus être un camping mais, par exemple, un Village de Plein Air. Oui les mobil homes ont largement participé à sauver les campings, nous souhaitons juste faire en sorte qu’ils ne viennent pas maintenant tuer ce même camping qu’ils ont sauvés .
Voilà pourquoi je pose cette question au début de l’article, un camping sans emplacements nus est-il encore un camping ? Car avec la courbe de disparition des emplacements nus sous l’effet de la financiarisation, c’est clair : si on ne fait rien, dans 15 ans, il restera entre 100 000 et 150 000 emplacements nus, répartis sur 1 000 à 1 500 campings dans les zones rurales pas ou peu touristiques. Les campings sont classés de 1 à 5 étoiles et inspectés tous les 5 ans sur la base de 195 critères. Aucun de ses critères n’impose des emplacements nus, pourtant c’est la base du vrai camping.
Pour l’instant il faut attendre 2027. Après les élections présidentielles, on aura peut-être un ministre du tourisme qui sera à l’écoute de ce problème.
En conclusion
- NON, un camping qui refuse les campeurs n’est plus un camping.
- OUI, la culture française du camping mérite le respect.
- OUI, les campeuses et campeurs méritent le respect.
- OUI, le métier de gérant de camping mérite le respect.
- OUI, imposons un minimum « raisonnable » d’emplacements pour les campeurs en tentes, camping-cars, vans aménagés et caravanes dans tous les campings.
Vous pouvez continuer de signer la pétition pour relancer le débat.

